Coupes (Extrait)

Publié le par maya


Nous, ici ou là &&& Nous finirions presque par étouffer & Morts vivants non décédés, & De notre enthousiasme non feint & Et dissimulé pour la querelle, & Celle pour laquelle les enfants & S’agitent si follement. &&& Nous ne sommes ni désœuvrés ni paumés. & Nous sommes plutôt dans les starting-blocks. & Nous pouvons penser et nous pensons.& Nous donnons la pleine mesure de nous-mêmes. & Nous modélisons des formes. &&& Nous ne voulons pas. Non. & Nous affirmons et pratiquons. & Nous sommes intrépides. & Nous sommes comiques. & Nous ne nous laissons pas déborder. & Nous avons des idéaux que & Nous mettons en œuvre. & Nous substituons le terme « multiple » & Et l’expression « multiple de multiples » & Au seul mot « vie » qui & Sent ferme le remugle. &&& Tout nous plaît. & Tout est fini. & Tout est fini & Et nous sommes infinis. & Nous sommes actifs et passifs ; & Nous pouvons changer de position & En fonction des situations, circonstances et conditions. &&& Nous aimons les destins qui se créent, & Se forgent ou se transforment ; & Ils diffèrent radicalement de ceux qui & Seraient soi-disant déjà écrits d’avance. & Ce qui est censé se passer, se dérouler, se jouer en nous, & Par nous seul, est un de ces dieux actuels à dépecer ; & C’est même l’un de nos pires adversaires. & Car nous savons toujours quelque chose. & Par exemple que nous évoluons en fonction & De situations et de principes que nous ne gérons pas. & Nous sommes supra, ultra et trans-lucides, & Forts caractères affirmés et émotifs. &&& Nous composons à partir de plusieurs & Domaines d’action-création à notre arc. & Les contrôles, les barrières ne nous arrêtent pas & Parce que nos idées leur sont sans commune mesure. & Nous continuons, nous répétons et nous commençons. & Notre équilibre dans le déséquilibre est & Eminemment et uniment précaire. &&& Si nous avons peur de ce qui pourrait arriver, & Nous n’avons peur ni du monde ni des gens. & Nous savons et pouvons rompre ; & Nous savons et pouvons également nous retirer ; & Nous avons plusieurs corps, & Nous présentons bien des formes. &&& Nous allons changer le monde, & Nous avons commencé de le changer. & Nous dé-comptons, nous & Décomptons et préparons, & Nous comptons sur et entre nous, & Nous nous laissons le temps, & Nous nous laissons presque tout le temps & Sans nous laisser tout le temps. &&& Nous pensons et nous incitons à penser. & Nous sommes bienheureux & Car bienheureux, en fin de compte, & D’être vides ; nous sommes trop pour être assez. &&& Nous sommes ivres, ivres tout de go ; & Nous attendons tout de nous. & Nous avons vu et avons vu, & Nous voyons et voyons. & Nous appartenons à l’éternité et & L’éternité nous appartient.

 

Antoine Dufeu

 

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