La nuit les routes…

Publié le par maya


Frantz affirme que la nuit les routes se reposent. Profitent du calme, de la tiédeur et de la lenteur des pierres en ne se laissant effleurer que par les reflets voilés de la lune. Elles ne dorment pas tout à fait. Oublient simplement le tintamarre du jour et les caresses mal assurées des coursiers au souffle court qui leur sont passés dessus sans même les regarder…
La nuit les routes remercient ce léger nappage de brume qui vient rafraîchir les plaques de goudron mou qui, par endroits, leur servent d’unique peau… Souvent Frantz s ‘allonge sur elles. Il les dérange le moins possible… Sait qu’ici et là, il y a sans doute des biches qui vêlent. Ailleurs, des renards qui rôdent. Plus loin, des brebis que l’on égorge… Il roule au pas. S’arrête tous les cent mètres. Agit à la lueur des phares. Couche,  en lettres blanches sur fond noir, le nom de ceux qui demain – ou plus tard – vont devoir en baver dans les parages. Il griffe, il peint, il colore. Quelquefois, il grimpe sur le capot de sa bagnole, s’accroche à la roche ou enroule une corde en haut d’un pont. S’offre alors un extra dans la pénombre de juillet. MERCKX, toujours visible, sur un pan à moitié éboulé du col d’Allos, c’est lui. Et l’hommage à Fabio Casartelli (FABIO : DEUX ANS DEJA),  écrit en bleu turquoise sur la montagne, entre Luz-Saint-Sauveur et Gavarnie, aussi.

Jacques Josse
  

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