L’art du suspense

Publié le par maya


                à François de Cornière


Avec nos souvenirs de bruine en talonnades
Nos crampons fidèles rivés serrés à l’enfance
C’est la permanente chanson des saisons
Que la foule entonne autour du gazon céladon.
L’oreille déjà plaquée au transistor grésillant
Sous la pâle porcelaine de la mémoire collective
Se dessine le match joué et rejoué au Penalty Bar.
Le cœur palpitant égrène les secondes fatales
L’ultime tir au but. La balle sur la transversale.
La sèche réalité des résultats défie les arabesques
Délicates des fourmis rouges des fourmis blanches livrées à la géométrie et aux savantes tactiques.
Diables Rouges. Craie blanche. Homme en noir.
Les enfants majeurs préservent leurs chimères.
Les trophées de Morphée. Les échecs amers.
Les fanions ternis aux couleurs du club déchu.
Le stade n’est plus alors qu’un vaisseau perdu
Et qui tangue sous les néons des incertitudes.
Là où l’air léger de la sphère sublime les clameurs.


Jean-Yves Reuzeau
 

Publié dans textes

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gmc 14/03/2008 10:23

plutôt sympa avec une ambiance légère, appréciable.