Introduction

Publié le par plexus-s


Pas que l’esprit s’introduise en nous. On ne veut pas. Peut pas. On ne peut pas. S’empare des reflets, mille-feuilles avec du thé c’est meilleur, rien de plus vivifiant que la perversion de la vérité factuelle, rien de plus. Se prépare à la tourmente, coque de noix chassée sur l’océan noir. On se prépare à l’introduction qui ne peut pas avoir lieu, on ne veut. La voix muette d’entre les reflets émet quelques bruits baveux et l’enfance crie ! Ne veut pas, se retourne dans son lit, dans la mer la tempête retourne les salives. Ne peut pas accueillir, ne plus. Se lève, ingère, on ingère tout ce qui passe et surtout ce qui remplace la terreur. On se lève et boit de la colère. Boit de la terre de poussière, celle qui fait poids dans le sac d’os. On boit des alcools forts pour faire poids d’os et ne pas être. Ne pas être introduit.

Du vaginisme tu fais, tu fais. Tu bois des coups dans ton sexe et mets des bâtons dans ta bouche. Mets du parfum ensuite pour dissimuler ton odeur de celui qui, mal lavé, attire les insectes. Tu mets des soins et tu travestis les faits avec de la viande belle comme de l’étole. Tu bavardes et brûles les champs derrière toi. Les chemins sont biaisés, dans la langue, tu mets des embuscades. Du coup, les autres ne te lisent plus, ne t’écrivent, ne te comprennent plus, ne te voient plus. Dans sa genèse, ta voix a été arrachée à son propre devenir, n’a plus grandi, quand tu rêves, tu ne sais pas si ce sont tes yeux ou ta bouche qui babillent. A été arrachée et du coup, tes os font du poids.

Il est revenu, je sens qu’il est revenu, l’esprit, c’est dans un trou percé quelque part dans la grande muqueuse intérieure qu’il veut se plaire. Jouir, c’est ça qu’il veut. Là où j’ai mal, dans les parois de mon existence. Non, pas, non pas du vaginisme. Juste du non-sens, certains investissent les mythes, d'autres le corps immédiat. D'aucuns, par excès ou absence, redonnent sens aux formes qui, d'elles-mêmes, n'en n'ont pas. Non, pas de sens je n’ai. Je sens qu’il est revenu, la responsabilité m’incombe, celle que je donnerai au sens de sa verge, de son entrée dans l’idée. Ma terreur est morale, rien ailleurs que là où je me pointe. Ne suis pas Saint Sébastien, lui étant percé par les flèches, je ne le suis que par mon trou.

S’il n’est de questions que dans l’expression du vivre, là où tu détales, s’il n’est d’expression que dans l’horreur de telles questions, tu ne pourras faire de ta réception, cette cavité, le miroir de ton être car il n’est pas plus odieuse souffrance que d’être condamné à se voir dans un miroir concave où tout se rejette infiniment. Accueillir, tu ne pourras pas non plus accueillir. Le cri viendra avant l’acte, plein d’échardes tu seras, marcher tu ne pourras plus. Accepte-toi dans la confusion de tes organes, n’accepte plus d’être vu par les reflets sans âme, sortilèges jetés par les mystificateurs, accepte-moi pour que je me fasse ton cavalier. Je saurai battre l’esprit là où il veut entrer et tu me baptiseras : sens et dans la marche, nous réveillerons la parole éteinte par le vent des esprits parleurs.
 

mathieu  brosseau

 

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GM 17/01/2009 14:00

Je passe ici avec plaisirJoie de recevoir, venezquand vous voulezhttp://masmouse.blogspot.com

unevilleunpoeme 12/01/2009 16:17

Heureuse année à vous 2009...

dominique 09/01/2009 22:09

à la relecture, ça tient toujours, cher Mathieu !