La vie naît des murs

Publié le par plexus-s


La vie naît des murs, le sang des enfermements
. Un pas de côté, un pas à côté de ce monde et l’on est seul. Un deuxième pas et l’on est perdu même pour la nuit, on ne voit plus aucune route. Un troisième pas de côté et l’on flotte dans le vide total, plus de force d’attraction, plus de pesanteur, de sens ; plus de contact également, plus rien sinon le vertige du vide, de la solitude, plus rien sinon une dérive rêvant à sa propre désintégration. Puis ce ne sont plus un ou deux pas à côté de leur monde, mais dix, vingt, trente, l’on tente, dans les ténèbres, un sprint les yeux fermés, parfois l’on meurt, parfois l’on se réveille dans une clairière où l’on n’est plus seul, une clairière où échouent des semblables qui ont fait un sprint de côté, une clairière des mutants, des seuls, des externés, et ceux-ci forment quelques heures, quelques jours, une communauté d’asociaux, de marginaux, de rebelles, de rejetés. Inadaptés car trop perceptifs et trop libres ; forts car habitués à fonctionner sans compréhension, sans soutien, sans amour et sans argent. Anaérobiose.



Mathias Richard

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