Trente-cinquième sonnet

Publié le par plexus-s


à Charles-Mézence Briseul


Le flou des nuages c’est de la myopie
Stagnante dans le monde, en bande naturelle,
Comme un banc de verres de lunettes brisés
Dispersés en un fin nuage, soufflés en l’air par le tuyau

Liquide d’une longue-vue, moussant au ciel
En bulles et lentilles au foyer desquelles
Ils se dispersent encore et se multiplient,
Devenant l’émulsion au sein de l’émulsion,

S’affinant toujours plus en la vision d’eux-mêmes,
Morcelés à l’extrême et n’ayant plus du verre
Que son reflet dans le brouillard de ses reflets.

Telles sont les choses qu’on les voit ; on les voit
Telles qu’elles sont et qu’on les voit et tellement
Qu’elles sont : elles et telles et qu’on les voit.



Laurent Albarracin


 

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