Un sujet

Publié le par maya

 
Le sujet tâte le sujet puis serpente sur le dos et sur ses entrailles, arborant ainsi la danse de fertilité qui attise les sujets, autres et pareils, hermaphrodites et monotermes dans leur élongations, leurs finitudes et basses terminaisons. Le sujet respire alors et reproduit pleine intelligence en un rapide éclair dissoute les réflexes gravés de sa grammaire ancienne pour anticiper un futur allonger les copies. Le sujet agit ainsi sans a priori mais tout à la houle de son histoire de la voix du passé capillaire. Ses cheveux, sa peau, son poil, ses yeux sont tout autant de mains noires dans les azalées. Et nous savons par la science que ceci est excitant. Le sujet a degrés de liberté, libres à lui, libres du ciel, libres des injections, libres des épices qui marronnent sa peau, tout autant d'écorces meubles dont se sépare une saison. Son temps lui est réduit, comme ses temps de tâte, les mouvements de son derme, le jeu de ses ecchymoses, la géométrie de ses dons. Le sujet croit penser, pense croire, croît dans la pente et s'ouvre les genoux dans les dévalés. Son crâne repaît dans les sujets et les noms, dans les airs d'action qui ponctuent les instants, dans l'économie particulière des discours et des amitiés. Puis le sujet tâte à nouveau.

Philippe Cou
 

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