Sonnet 31

Publié le par maya

à Françoise Duffau

 

31

 

L’aubépine en fleurs a du coton à ses branches ;

Au printemps l’hiver est encore là mais déjà

Plus qu’un souvenir adouci de ses rigueurs,

Accroché aux épines, visuel, sonnant

 

Son rappel sous la forme de flocons de neige

Qui ravivent, s’effacent, trompettent, s’éteignent

Et qui viennent se contrebalancer dans l’air,

L’adoucissant et l’aiguisant tels des silex

 

D’eau, des cymbales minuscules, des dragées

De piqûres, tout un hôpital en miettes !

Nous tenons dans l’œil une pelote d’aiguilles,

 

Nous avons dans la jambe une botte d’épingles.

L’aubépine, et quel buisson n’est ardent, terrible

Dans sa candeur brûle ses cartouches de blanc.

 


Laurent Albarracin

 

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