Décantation : ballade n°1

Publié le par maya


La rumeur du jour morne,
Le terre-plein des situations d’un calme trompeur,
Nous attendons aux temps suspendus,
Seulement angoissés, ce qui ne
Peut plus durer, réalisant que
Notre bon plaisir ne peut demeurer
Bridé dans ses effets et ses conséquences.
C’est que l’audace monte et fomente
Un coup de grâce en nos réflexions raisonnées.
Bruissants, nos émois commencent
A avancer sur scène.

Dans une confusion mêlée d’impatience,
Augure d’une prochaine opportunité
Ou d’une opportunité prochaine
Impossible quoi qu’il en soit
De se contenter d’un « merci ».
C’est alors le bâton léger, la confiance inébranlable et
La voie pleine d’harmonies qu’il s’agit
De dispenser dons et assertions
Pour que, attentifs à chaque signe,
Des formes éclatent.

Frémissant de ferveur, nous prenons
Le temps d’abréger les inutiles souffrances
Aux confins des univers et des corps
Là où les bombes ne cessent d’être parsemées
Et où elles sont rarement désamorcées.

Le ciel remue, la terre balance des bandes
De migrants égarés par des destins
Pérégrinant loin, si loin d’eux.
Pourtant l’entrain naissant, subitement repris
En cœur, est propice à l’apaisement généralisé.
Elle sait, la situation, émouvoir nos cordes
Sensibles plutôt que déchaîner la DCA.

Le ciel remue et la terre balance mais
Ceux qui s’affaissent ne sont plus
Ceux qui tremblaient jusque-là.
Leur terribles glapissements passés,
Vieille désolation des gens, ont mû,
Parmi un mélange d’exercices
D’exorcisme et de désœuvrement qui ondoient,
En une demande sûre de ses droits
Et de ses capacités.

Le ciel remue et la terre balance mais
Les peuples lâches profitent de leurs
Antépénultièmes forfaits pour traiter
Avec leurs derniers héros ou  idoles en date.
L’humanité en marche, elle, bruit déjà
Dans les coulisses, dépassant sa propre mesure.

Le ciel remue et la terre balance.
L’humanité en marche les accompagne
Voyant fuir ou se rallier les premiers
Adversaires rencontrés. Inutile de précipiter
Leur chute, inutile de leur promettre une grâce,
Elle s’est déjà présentée à leurs visages autrefois
Apeurés. Pourtant, apparaît brusquement
La rencontre de la frayeur qui n’y comprend rien.

La question alors enfle et s’amplifie :
Est-ce illusion ou réalité ?
Les temps sont-ils en train de changer
Et l’humanité de rattraper son retard accumulé
Sur la force des choses qui ne se lassent jamais ?

Prétendons-nous, s’élèvent certains,
Qu’un si sûr désir de vivre ensemble
Sévit entre nous qui permette, sous les coups
De la vie, d’amollir le métal le plus dur
Et, activant nos capacités les plus
Exaltées et sereines à la fois,
De créer, une fois le tout achevé,
Le courage ravivé et les multiples idoles brisées,
Les conditions de l’enchantement de notre monde ?

Là où la rumeur s’efface
La réponse est évidente :
« Oui. »

Antoine Dufeu
 

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