Note de Sébastien Ecorce sur "UNS" de Mathieu Brosseau

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"Nous savons peu de chose, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter" (R.M.Rilke, Lettres à un jeune poète, VII, in Œuvres, I, Prose, ed. du Seuil).

"Il n’y a qu’un point indivisible qui soit le véritable lieu" (Pascal).

 

 

 

Avec Brosseau, il s’agit souvent de "forcer l’existence". L’expression d’une intensité de vie. Il s’agit aussi d’envisager des mondes, un monde que construit l’existence, avec les morts, les suicidés, les bêtes, les esprits, les souffles, les corps, les ombres, les nombres. Il s’agit de fondation, de donation et de relation. Nous pourrions entendre monde comme un ensemble dont les termes peuvent être associés à un degré variable d’existence, degré à indiquer lui-même leur degré, variable d’immanence au monde. Pour autant, et nous tenterons de l’expliciter en ces quelques lignes, Brosseau ne s’en tient pas à l’événementialité pure du terme, de l’Un, du multiple, ou du terme à terme, ou à l’identité, ou même de sa tentative de pronominalisation, mais à la conversion du mouvement ou d’un mouvement qui excède, mouvement à s’excéder par la simultanéité et l’opération des voix qu’il met en place. Marche et avancée d’une pensée comme fruit d’une longue maturation et d’une instauration fulgurante. Pour prolonger, nous pourrions en référer à la notion de substance du monde. Substance n’impliquant pas véritablement une métaphysique, mais bien plutôt une physique (au sens d’une physique des corps déjà présents comme corps). Chez lui, il ne saurait apparaître de substance primordiale de l’être, si elle n’est pas autant atteinte et définie par un travail de mouvement, ou de déchiffrement. Sans pour autant se contraindre à l’élan purificateur du domaine de l’être. En ce sens, nous pourrons saisir que ce n’est pas tant le domaine de l’être (fut-il délimité) qu’il faut habiter et cohabiter, mais le mouvement lui-même du Co-habité. Il n’y aura pas à proprement parler de construction d’un nouvel être, mais "le retour à un lieu réel où nous ne vivons pas". Fait de sacrifice, de déceptions, d’effondrements et ravages de la solitude, de malentendus, de hiatus, de corrosions authentiques, d’imaginaire et d’épuisement.

 

 

 

 

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