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Librairie du Parc
ACTES SUD
Rencontre Lecture
Poésie
La Librairie du Parc / Actes Sud reçoit
Vendredi 17 juin à partir de 19h30
Mathieu Brosseau
Pour une lecture de
«UNS»
« Notre corps, il balaye les façades, il vole, tu le vois voler, tu fermes les yeux, tu dis qu’imaginairement on administre un foyer, c’est de l’économie, gestion de flux > entrants > <
sortants <, notre corps avale et recrache, il achète et vend, sa richesse lie les os et la langue, entre autres, les graisses liantes et la salive, maison, dans le sens de patrimoine, tu
administres, tu comptes et décomptes les mesures de ce qui sépare, les mesures de ce qui brûle et accumule les graisses, notre corps, ce corps volant, ce corps mangeant, il administre, par
l’économie, il tempère les entrées, les sorties, ton corps entrant, il entre dans le réel, son économie est un multiple du produit intérieur brut du corps des autres, son économie est une masse
qui s’introduit dans le réel et le réel ne dit rien, n’a rien à dire… »
Mathieu Brosseau est bibliothécaire à Paris. Il est l’auteur de plusieurs recueils de poésie. Nous l’accueillons à la librairie du Parc pour une lecture de son dernier recueil, Uns, publié aux
éditions du Castor Astral.
« Cette lecture se médite, lentement, au rythme de ses tic-tac, elle se fait insistante, insidieuse, insinuante, se faisant aimer entre les temps – ses temps ! » Jean-Luc Nancy
informations : 01 42 38 37 52
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Notre blog : http://librairieduparc.over-blog.com
Librairie du Parc / Actes Sud, Parc de la Villette , 211, av. Jean-Jaurès, 75019 PARIS,
m°Porte de Pantin L.5, tél. 01 42 38 37 52. Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 19h.
"Nous savons peu de chose, mais qu’il faille nous tenir au difficile, c’est là une certitude qui ne doit pas nous quitter" (R.M.Rilke, Lettres à un jeune poète, VII, in Œuvres, I, Prose, ed. du Seuil).
"Il n’y a qu’un point indivisible qui soit le véritable lieu" (Pascal).
Avec Brosseau, il s’agit souvent de "forcer l’existence". L’expression d’une intensité de vie. Il s’agit aussi d’envisager des mondes, un monde que construit l’existence, avec les morts, les
suicidés, les bêtes, les esprits, les souffles, les corps, les ombres, les nombres. Il s’agit de fondation, de donation et de relation. Nous pourrions entendre monde comme un ensemble dont les
termes peuvent être associés à un degré variable d’existence, degré à indiquer lui-même leur degré, variable d’immanence au monde. Pour autant, et nous tenterons de l’expliciter
en ces quelques lignes, Brosseau ne s’en tient pas à l’événementialité
pure du terme, de l’Un, du multiple, ou du terme à terme, ou à l’identité, ou même de sa tentative de pronominalisation, mais à la conversion du mouvement ou d’un mouvement qui excède, mouvement
à s’excéder par la simultanéité et l’opération des voix qu’il met en place. Marche et avancée d’une pensée comme fruit d’une longue maturation et d’une instauration fulgurante. Pour prolonger,
nous pourrions en référer à la notion de substance du monde. Substance n’impliquant pas véritablement une métaphysique, mais bien plutôt une physique (au sens d’une physique des corps déjà
présents comme corps). Chez lui, il ne saurait apparaître de substance primordiale de l’être, si elle n’est pas autant atteinte et définie par un travail de mouvement, ou de déchiffrement. Sans
pour autant se contraindre à l’élan purificateur du domaine de l’être. En ce sens, nous pourrons saisir que ce n’est pas tant le domaine de l’être (fut-il délimité) qu’il faut habiter et
cohabiter, mais le mouvement lui-même du Co-habité. Il n’y aura pas à proprement parler de construction d’un nouvel être, mais "le retour à un lieu réel où nous ne vivons pas". Fait de sacrifice,
de déceptions, d’effondrements et ravages de la solitude, de malentendus, de hiatus, de corrosions authentiques, d’imaginaire et d’épuisement.
Lire la suite sur libr critique : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=3574
Daniel Cabanis
Mademoiselle,
Je ne vous parlerais pas de miséricorde, ni de commisération envers moi; mais peut être, avec la prunelle d’un automate, sur un marché noctambule, où l’on vend des
chevrotines de miel dans des atlas en cristal, j’aimerais vous avancer à mon dessus, et comme des larmes enfoncées des disques de girandole, je veux que vous y trouviez mon sens pour votre pitié.
Et quelle pitié auriez vous de moi, si je n’étais qu’un immense délice comprimé dans un mortier de plantes humaines, et avec mon Esprit une fente évasée d’où jaillit un large plancher limoneux.
Vous avez pitié de moi, et vous avez raison. Car j’ai de la peine à dire, mais néanmoins j’ai tout autant d’affabilité depuis l’illustre Raison, en considérant les autres comme je me considère
moi, c’est-à-dire comme un muscle qui aime l’apologue, que je puisse éprouver une si vive douleur si au demeurant je considère la jouissance. Mais attention; une jouissance pour moi-même m’est
autant de conciliation qu’il est pour la jouissance des autres un soulèvement de ma part. En partie donc, je respecte l’humanité, car je la respecte en tant que domination d’une tare agricole, un
poids lourd, naturel et funeste qui pressait sur les Hommes d’autrefois (carence, inconfort, maladie, froid, dents pourries etc.), et qui même dans les générations futures persistera, bien dans
d’autres enjeux et sous d’autres formes. Ce qui n’est pas pour un Homme seul, mais qui le rejoint par les autres, est sa prépondérance sur des problèmes reliés à l’origine, des problèmes du moins
qu’il a vite jugé entravant.
Mais ailleurs, sur des brindilles informes, il y avait et il y aura toujours de l’éjaculation. Et bien même l’éjaculation physique, c’est-à-dire l’émission de
sperme par un individu mâle. Dans la partie figée de moi-même il n’y en a guère, mais je la compose dans l’unique conception, je reste, à moindre mesure, impavide, et face au danger qu’il y a
pour moi de sentir, et plus justement de respirer cela, je préfère dérider l’enfant dont la globule de sperme serait suspendue au bout de la griffe, et avec la liberté acariâtre d’un jeune et
gentil con. Mais aussi, il y a le Julien attaquable, et qui l’attaque l’attise, avec autant de précision qu’une lime effilée et tendue entre deux crochets taillés dans un grain de sable. Et
maintenant, il lui manque la musique dans la lettre, il lui manque de l’ouïe piquante dans sa murène de son. Et sa musique est comme la racines plantée sur un crâne de Fille, dont le tissu est
arraché entre ses deux lèvres comme contractées en ventouse.
C’est vous dire à quel point je ne peux supporter l’éjaculation si je n’en suis pas le père, ou à limite si je ne la vois pas près de moi, prêt à y tenir les
poignets turbulents de l’éjaculateur. Non pas qu’il y ait de la jalousie pour son plaisir, son plaisir infini. Au moment de cette éruption brutale, il n’y a pas que le plaisir, il y a aussi de la
sensibilité, et une sensibilité artistique. Et l’Orgasme artistique est mille fois plus puissant que l’Orgasme mécanique. Et il y a trop d’Art en vous, comme il y en a trop dans ma beauté
sexuelle: Et les courbes fibreuses de l’Etre fusant depuis un astre, où il n’est que le Sexe en javelots pour nous faire taire:
WAKE UP !
Julien
Mademoiselle,
Pardon, ma précédente lettre s’est achevée soudain, avec trop d’idées en moi pour la poursuivre. Qu’importe, je ne vous ai pas parlé de l’essentiel, ou de ce que je
voulais cheviller avec les conventions de départ, ou de sa Vie réelle implantée en formes choquantes et en moi.
L’EJACULATION, est le canevas. Que je puisse en elle, retrouver dans une même pièce deux personnes dont l’existence n’a rien à voir, et sentir un maniérisme de
larmes, avec l’éructation d’hilarité réfléchie en moi, et cette ration surréaliste dont je m’allaite, avant de fuir dans un couloir mitoyen, avec la sympathie de ces deux inconnus, et leur
prédilection pour le chou enfoncé dans la chatte. J’entends le partage. Avant même la frivolité, après même celle-ci, il y a, avec tout le respect dont je m’accommode pour vous, un triangle igné
et flambant de Mort, dont le bleu des flammes et relié au pharynx par des bristols. Et que dire de la beauté d’une Fille, si l’on surprend son pubis dans la chevelure; j’estime le rapport torride
entre Sexe et chevelure, j’estime la nidation des cuisses dans une mèche de l’or, avec des pépites posées en geôle dans la cavité du crâne, et ses cheveux comme des fouets giclant de la trempe.
Mais enfin, il y a le dos. Et des cadres de praline émiettés au fémur macérant, et bien sûr, un corindon de bouches fermé dans l’ampoule, et son collier de glands havanes autour de la gorge,
CORAZON!
Julien
Mademoiselle,
Pardon, pardon, pardon! Je finis mes lettres sans m’en rendre compte, je ne sais jamais ce qui s’y passe, ni comment je m’y pactise, mais enfin je les achève, et de
plus avec superbe. Je vous parlais, donc, de la chatte au clavier de cheveux, et avec des éclats possibles sur La Vie. Je ne vous ai pas parlé de ce pourquoi il y avait un vagin dans la chevelure
d’une Femme (d’une belle Femme). Absolument, des caravelles de sang ont survolées le Brésil, au siècle dernier (20ème), sans que je ne constate rien, et c’est avec nostalgie que je les festoie
dans ma France, sans oublier qu’elles furent jadis les grandes prétoriennes célestes. Et moi, carnassier sans molaires, je survole ces thermes de villes, piquetées sur le sol oscillant comme des
fronts géométriques, avec le mâchage d’un bouillon de nuit, j’en oubli même la chronologie du buste, de votre buste, qui a traversé les âges sans rendre compte de ces caravelles.
Au-delà des Flammes, quand le Diable soudain s’élucide dans la basilique, et quand son Corps ne peut consentir au magnétisme de l’Altérité, et le diable au corps
devient l’intelligence, et sa loi d’un amour au-delà de l’Amour, ensemencée dans une encre orientale. Il a été répété que l’Homme, naturellement, souffrait de jalousie. Je n’ai moi que la
jalousie du Sperme et de sa pluie; je me fous de leur satisfaction comme je me fous de leur fortune. Et c’est à ce point dur pour moi, qu’il y a autant de Sperme sur une poitrine inaltérée, dont
le feuilles de cimetière chatouillent la gorge de sangles, et plus, pour les Morts pimpants, les Morts sans leur nudité, il y a de la calotte angélique dans une testicule, et la caresse d’où
jaillissent leur gravures vagissantes.
Attention à leur goutte. Un cadavre, même fétide, peut expirer de la goutte, en germe ou en plaquette, et dans un décor de silos, avec sans même remarquer l’impact
de visu, il y aurait à fondre dans le corollaire de la goutte, avec les ondes propagées en mesures pleines dans des nappes de crânes. J’imagine maintenant, et sans l’aide de ma fantaisie, dans un
petit salon rempli de luminaires, sous l’ombre d’un lourd tonnelle, sous l’ombre des rambardes tendues, L’EJACULATION DE SANG. Mais, moi, avec de la Mort pour ma crinière, un après-midi de mère
avec cette éjaculation, baladant sur des places lumineuses, et quelques échoppes pour les étrennes, de la maternelle pour le cri, et en dangereux beuglements distillés dans le thorax, je me
sacrifie en paillettes, et pour me sacrifier à la Vie, j’atome la jouissance jusqu’à en boire la gouttière.
N’est-il pas tant à craindre le Sang qu’il n’est à craindre le Sperme. Non. Car aux villes placées aux pieds des montagnes, il y a une forêt qui coule aux pieds de
la Bite.
Julien
-
Mademoiselle,
J’ai donc sabré la raison de vivre des Hommes jusqu’à encaisser la darne de leurs insupportables assommoirs. Qu’ai-je vu. DE L’HORREUR. Mais non, guère horreur
sanguine, ni olivâtre, ni de l’horreur pour les faibles Hommes, mais de l’horreur discursive. Et avec cette horreur, qui part du développement pour filer jusqu’à la queue, et plus brève qu’un
micron de seconde, j’ai l’horreur du Revoici, ce qui est pour moi, ce qui est pour la Vie, et l’horreur d’un assentiment admissible.
Qui y a-t-il dans la philosophie de merde, sinon l’école de l’humilité, et de surcroit donc une particularité. Les gens, personne n’a su noyauter la Vie, car à 18
ans, c’est une enchère qui est proposée, et une enchère qui contemple l’Etre pour qu’il dise: « Ah oui! La Vie peut être si heureuse. » Pour la suite, il y a de l’emmerdement. Et les gens, tous,
puisqu’ils oublient cette Vie pure, mordorée dans le Sens comme dans la Chair, encore, font de leur Vie une particularité.
Moi! Ma Vie n’est pas particulière. Du moins j’ai fais de la particularité une omniscience: l’Hamburger posé sur un Sol en Californie. Et donc, subséquemment de
l’avenue, des stipes de palmiers, des Chevrolets filants sur Sunset Boulevard, et bien surtout de l’opulence. Vous êtes graisseuses, vous joues sont graisseuses, vont lèvres sont lippues, vont
fesses sont grosses, et vos avant-bras poilus. Vous êtes opulente. Et je déteste les gens qui habillent leur Vie de fumeuses dissimilitudes. « J’aime Van Gogh, mais j’aime aussi Miro et
Beethoven. Et j’aime la D’n’b londonienne, et le G-Funk; et bien même la Grande Arche. » Moi je n’aime que le Hamburger. Je l’assume. Et de là s’en suit l’universalité, l’universalité profonde et
sans limites, comme les radiations d’une cloche au bord de l’océan Pacifique.
Il n’y a donc pour moi que l’orgueil. Et je n’aime guère l’humilité, comme je n’aime la solennité. L’Orgueil est la première exigence qui me permet d’accéder à
moi-même, et si je ne fonde en lui nulle sobriété, j’y accumule néanmoins de la pure excitation. Il n’est qu’au plus orgueilleux que le loup pour sentir la pertinence de son Idée, et par même
l’Art apposé dans la propre Vie. J’ai pu entendre, dans une Vie passée, les loups qui ont, par le sens si vif et agile, transcender l’amertume du crin pour expérimenter, dans l’ample regard, la
condition infinie d’un Homme. Et s’il n’est dans l’Homme que sa présomption injuste pour sa Vie, ne serait-il pas aussi la fêlure grisée de son Ame, n’en déplaise aux loups, sa fêlure est celle
d’une rationalité mouillée en Lui, et avec la crudité pour l’abord d’une valse sans repère.
Non lors d’une nuit, avec la luette coupée entre deux capucins hurlants, mais avec la vertu intacte de s’être gardé plus vif qu’une croupe, et entre deux pinacles
de vanille, une Folie, comme fureur portée sur le qui-vive de la Chair, au regard grimé de parures hâlées par la trompes, d’où jaillissent des triangles de Nerfs aux filets racolant les
flammes.
J’aime assez l’idée d’être un spectre. Je la réfléchis comme l’idée d’être la notoriété d’un monde sanguin, où par des veinules en circuits je pourrais arriver en
lieu de Cité brandie dans le dard, et sans même aviser la Vie, rien qu’en y contestant la forme et le cadre. Mais cette Vie si repiquée en fond de corolles basanées, avec son lait d’épissure
enfourné dans le bec, si avide de se sentir acceptée dans l’Etre, et si avide d’être en proie aux farces d’aurores bariolées sur la lippe d’une toute autre Beauté, pourrait-elle être le Double
Monde, pourrait-elle être une double Terre, entre mains et lumières réprimées dans une liqueur d’Esprit. Laissez que je songe à des formes plus grasses, aussi noble qu’un mannequin de votre Race
pourrait pincer un bouton de pue avec vos lèvres aussi grasses.
C’est une mixture effritée dans votre Peau, et pour Temps de Vie l’enfance, même aïeule introduite à votre Beauté. Sans que je sache si bien ce qu’est la Vie, je
m’y suis engorgé d’un Mannequin aux allures d’outre-berceau, et un sourire aussi doux que votre gâterie.
Je vous aime, vous les hongres, sans que je ne déteste le fumet qui se déverse autour de vous même, et mes forces amplifiées par le Mal d’être en vous, d’être votre
coiffure en bande, et si bien d’être pelotonnée dans vos échancrures de muscle. Mais vous savez, il n’y a pas de partage si bien fait entre distinctes parties de votre Corps, et bien autre
tranches de ce qui en vous est humain. Je ne cesse de crier à l’oreille de vos bouches qu’il n’est pas de regard à dispenser, en ce qu’il y a dans le pur instant du regard un liman de couilles,
et les couilles d’un héritier frottées sur le baliveau dont la couronne est enroulée comme un Œil en lime.
Cessez de me repenser comme un pervers. Mon Existence s’est tracée dans un cours de races, et dans un cours de races aux milles tonnes d‘Esprit! Et qu’est-il arrivé
au Julien qui n’a eu de fil vivant qu’autrefois amolli, et qu’est la raison de vivre s’il n’y a pas plus de régie qu’il n’est la coulisse dans son Œil, avec des timbres froids sur la pente qui
raisonne, et plus, en la Mort du feuillage sur la tresse trempée dans l’huile de son Œil biaisé. Sans le sentiment de quiétude, il n’est pas non plus le sentiment d’émeute, car pour le sentiment
profond d’un Œil, tout est constamment à redouter, et ses fibres, inscrites, consignées à la vidange du Cerveau ne tremblent qu’une fois surgies aux premiers cartels de leur Vie. Si cette Vie
réelle pouvait être incorporée à mon ombilic, j’en serais témoin de passion, car le reste n’est que masturbation, mais une masturbation d’enjeux et de taille, une masturbation insane et rebattue
dans l‘Esprit, conséquemment encline à préparer le nouvel Etre.
Julien
Mademoiselle,
Je me plais beaucoup à me raconter des choses. Non des histoires à parts entières, simplement des contextes. Et dedans! Des situations bien remplies de liens,
d’états, et de lieux. J’aime tout particulièrement imaginer la contre-histoire de Julien, en ce que j’aime m’en unir au Sang, à l’orgueil de ces esprits qui agitent en moi des candélabres de Vie.
Le Délire créateur de ces vies est aussi puissant qu’un colosse monté en trompe dans la sensualité d’un Homme. Généralement, il s’agit de fantasmes, de ce que je voudrais, ou j’aurais voulu
vivre, absolument.
Alors je viens d’avoir 21 ans et j’ai imaginé pour le jour de mon anniversaire des javeaux de douleur directement implantés à l’Esprit. Tout autant de fèves et
d’alcools pour me célébrer, au milieu d’une bergerie de nymphes, et des galons d’or entourant le Monde, où la cervelle délicatement se brule sous une cascade d’eau fraiche, en branlant la gorge
d’une jeune et jolie Fille.
OUI! OUI! OUI! Qu’est-il de plus délicieux que d’imaginer ensuite le nuage où dans la nue, il serait à être le plus beau de tout les Dieux.
Imaginez. Une soirée éclairée, douillette, et mixte (…), et bien assez excitante. Les lumières sont douces, les garçons sont vertueux, les filles sont jolies et un
arc en ciel traverse chaque nuque, allant de l’orbe en orbes jusqu’à son ancre fourrée sous une pluie de bière. Et il y a un beau gardien qui s’y musarde, et les filles palpent une huile
onctueuse sur des feuilles de fer, allant vers ce bruit de lèvre gluantes contractées en avant jusqu’à dire un:
Bisou
Dieu. La Vie est trop bonne.
Ensuite, que ferais-je de cette prérogative en profondeur de l’Esprit. La plupart du temps, rien, absolument RIEN. Car je guigne que la Vie a un double sens, je la
sens double et d’où ce double temps se confond à son hétérogénéité: Il y a le sentiment d’une part et l’esthétique de l‘autre.
Le sentiment existe à plein fouet. Il est enfourné dans l’Ame comme une tranchée de lames balayée dans la Gorge. Tout est fait pour, à des crans mouvant dans la
Vie, vivre un sentiment, relié par des nasses multiformes à la sensation, à ce qui est pour le Corps, et qui advient jusque dans l’Esprit. Il faut comprendre qu’une dimension du sentiment se
déploie d’un Mal jusqu’à un Bien. Il y a, du sentiment infect dans l’Homme, du sentiment ignoble qui développe dans un Cœur immoral, et s’en suit jusque dans les doigts indécis. Mais ailleurs, il
y a du sentiment jouissif, du sentiment plus doux qu’une friandise, et bien assez suave pour être reçu dans l’Esprit. Cela sont des sentiments purs, qui existent à l’intérieur d’un Homme, qui
existent dans les objets se mariant à Lui, et dans un cercle enveloppant les Corps d’où jaillie la volonté primitive lui-même.
Mais je dis, le sentiment véritable provient du sentiment esthétique. Il faut se quérir de penser que l’esthétique transcende le sentiment fondamental, et donc
aussi le transgresse. C’est faire de sa Vie une perfection que de lui rendre sa réalité la plus pure, et toute faite de beauté. Tout dans la Nature est prétexte de la relation humaine. Et quelle
relation qui s’engage entre des Etres, avec son mouvement de rage enrobé d’une Peau maniant l’autre Peau, et cette raison de vivre soudain si claire quand dans l’Homme il y en a d’autres, et ces
accointances emmêlées au paysage de panne d’où jaillit le Soleil. Avec imagée dans la tête son existence, juste l’Existence, avant l’interaction. Etre là où elle n’est pas, sans public, sans
vagin, sans être parvenu et bien avant l’endroit même de son désir.
Nous pourrions citer la jeune et jolie Fille, dont nous venons finement de branler la gorge. Qu’y a-t-il donc, en elle.
1. LA BAISER
Nul débroussaillage n’est requit en vu d’expliquer ce que le Garçon veut baiser la Fille. (si tant est qu’elle satisfasse le cliché recherché.) Il y aurait ici du
sentiment, car l’on intronise le support moral dans la décision que l’être peut et se sent faire lorsqu’il cherche à baiser. Lors donc qu’il baise, celui-ci se sent bien, et pour un être
« normal », il faut lui concéder la norme qui existe en lui, et qui le rend plus voluptueux que lard dans lequel il pénètre, et si l’accès est clos pour lui, flapi sera-t-il pour que ne cesse en
lui de monter des métrés de douleur jusqu’à expectorer le couperet qui débutera à infliger sa force dans les prochaines bouches d’une jeune fille, et le forcement masculin butera sur le Viol
!
2. L’AIMER
Pour qui la sexualité s’émousse dans ce que l’Homme témoignera de la Femme, et donc s’isolera de ses bouches génésiques et dans les beaux yeux de cristal, donc,
seront détruites. Il n’y aura que de l’Amour, purement de l’Amour. Peu importe la présence physique de celle qui existe. Elle existe. Et cette existence, si inflexible soit-elle, demeure dans les
néants de cratères. Et donc, accordez qu’elle soit réelle, et que par cette réalité de l’Etre il y a de la Joie qui se boise dans ce qu’il y a d’abord pour la Vie, et ce qu’il y a pour une entrée
coulissant dans son immortel.
Cette belle fille n’est pas seulement l’Etre de désir, elle est surtout l’Etre de beauté. Se sentir près d’une Beauté n’est pas nécessairement se sentir près de la
fille, donc il y a de se sentir en Elle, et consentir son désir à ne point s’évertuer dans la maladie torride et pulsionnelle, mais de se garder entièrement auprès d’un froid tendre et exsangue,
où la maladie véritable devient celle d’un Esprit marmoréen à qui plus rien de réelle ne peut accéder.
Le Sexe ainsi détruit tout. Il détruit son sceptre de cupidité comme il détruit l’espoir et la Beauté. Plus rien n’est dans la chair, plus rien dans un gland
pourpre et moiré, ni même dans un vagin de sirop qui se déchire. Mais ensuite, l’Amour seul transcende la disparition. L’Amour reconstruit les vestiges d’une époque charnelle, reconstruit les
temples sexuels d’un pervers à qui le lait coule entre les cuisses, et entre les Sangs reconstruire l’immondice de cette perfidie, de cette laideur organique qui a moussée dans le Désir d’un
Animal.. Mais après ces débandades joyeuses qui ont remis l’Homme dans le sel de la perfection, lorsque prétendant l’horreur il n’y aura que des crépuscules de velours entre les jambes, avec le
couronnement pour un rapport si sublime entre deux êtres promis à la béatitude dans un lacis de cristal, l’Amour, alors finira dans le Sexe.
Julien
Julien Faure
Il y a des nuits
qui ont la gueule
plus grande que d'autres
qui mâchent les animaux
et vomissent de la pluie
Il y a des nuits de peu
où foetus de tornades
font danser quelques feuilles
arrachent quelques pétales
et rentrent dans le
terrier du ciel
Des nuits profondes
comme des plaies béantes
dans lesquelles on pourrait glisser
6 milliards de doigts
6 milliards de peines
6 milliards de haines
Il y a autant d'hommes
sous ces nuits
les coeurs en bandoulière
la fatigue dans les mains
Des hommes tout en bas
petits jouets pour les nuits
pions qu'elles dirigent
entre les flaques
Il y a une nuit pour
chaque homme
une seule lune
pour chaque nuit
autant de trous noirs
que de verres brisés
dans les ruelles
Plusieurs mots
pour chaque nuit
plusieurs morts
plusieurs corps
Des nuits sans oreilles
sans caresses
sans couvertures
Et le sommeil ressemble
à une carcasse de voiture
infestée de rats
inondée de froid
Il y a des nuits aveugles
qui marchent sur les étoiles
et dont on voit
les plantes de pieds
saigner
Guillaume Siaudeau
Rencontre autour de la revue Fusées à la bibliothèque Marguerite Audoux (3ème ardt, Paris)
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Loup solitaire, paysage passif, zéro coloriage, une vie pour se refaire, ça lui pèse…
Le loup est solitaire, étalage tactile, patte à patte velours sur terrain escarpé, humeur blafarde pour matin prolongé, le loup fait ses courses, petit panier mémé, garni récup, ça monte dans les étages, cité Mistral, par vent de face, poésie résistante, aigle au futur sans ascenseur, années cinquante, une certaine idée de l’espace, idée certaine après disette, couleurs granuleuses, reconstruction de l’intime, paysages personnels option verticale, se refaire une santé de cheval, l’Histoire ? juste après, faim de loup, pas se priver, ou plutôt si, prime à l’ennuie, ratio mumuse sur les bords, les bords, ça vous fait voir la mer, vision panogénique, ergonomie des espaces, strabisme cohérent, tangage et roulis pour les plus loin, les plus autres, ou ceux qui rament, autres aussi, très autres, à fond de calle, plus roussis, pour se faire une idée, penser napalm au jour le jour, portion réduite sur butagaz, ça réchauffe…
Le loup soupe d’un petit pois carotte, carotté pour le tain, off course, de sa figure râpé au zus et plus, s’en remet à la pratique de l’hygiène, élémentaire mon cher, taches légumineuse sur front spirite, ouverture facile, santé lucide, on se picore, c’est bien suffisant, pas besoin d’en reprendre, se défaire pour l’essentiel, du surplus, ni plus, ni ça, l’essentiel à ciel ouvert, la santété sans escare, fluidification des humeurs, passage à l’axe, le centre est maximum, si de bonne heure, à la bonne heure, bonne humeur, couché levé, le soi est à soi, on se soi-même, on s’aime soi, on se soigne, on se bichonne, le centre est maximum, on s’aime maximum, on se soi disant, ça suffit, c’est bien suffisant, on est facile, on est maximum, on est dans le centre au maximum, une laisse pour faire le chien, ça suffit, une plume pour l’indien, sombrero, mexicain basané, tache d’encre pour la feuille, voile de mariée, ça suffit, s’en remettre au mode opératoire, option giratoire, tourner en rond, tournez vous, retournez vous, voyez vous, les yeux dans les yeux, acides animés sur écran plat, le centre est maximum, mobilité maximum, le rendu se fait sur place, quelle aubaine, purification des organes, camps de vacance à très basse altitude, ratio chimique pour vie rustique, exercices quantiques et nage obligatoire, ça vous chante ? le voyage est cellulaire, aspirateur new look pour foule bigarrée, largesse du spectre, passez l’intro, intronisez votre implant, c’est à vous, ablution, onction, massage, étrange le massage, on dirait des feuilles, une forêt sur la peau, frisson d’humus, soupirs entrelacés, mélange des genres, ricochets alanguis, des goûtes sous les aisselles, bras levés, épilation continue, se refaire une santé de cheval, trot, galop, trot, saut de puce, parcours impulse, in et out, appel du large, quelle histoire, le gain est indéniable, le centre est maximum, ça tangue ? un peu, passage obligé, fond de calle, oubliez l’histoire, ça tangue au maximum, c’est obligé, la vibration est maximum, salivation maximum, tout est vivant là-dedans, tout s’émancipe, continuez, muez vous systémique, continuum vibratoire, surtout ne pas se perdre, ne pas se perdre de vue, voyez-vous, ne pas se faire d’histoires, le temps passe, comme le temps passe, on le voit pas passer, tiens ? des roses, en fond de calle, surprise, des parcelles, accentuées par coloris, une musique de fleurs, sous sol capitonné, parquet bruissant, une peau, genre pelure, comme posée, sur l’absence, ça en jette…
Jean-Louis Baille
http://remue.net/spip.php?article3950
Laissez-moi donc vivre ce néant, la seule solution, la seule, fusil à pompe, l’enfant crie là-bas et t’agresse les oreilles, la seule solution, la vraie, fusil à pompe, le vieillard sur la route te demande dix balles, la solution, l’unique, fusil à pompe, sur la route, y a un type qui fait de l’autostop en se plaignant, la solution, la seule, fusil à pompe, en te baissant, tu vois un être petit comme un petit être, il se dandine, la solution, la vraie, fusil à pompe, dans un miroir tu te regardes, tu observes les interstices de la mort dans les rides, dans le portefeuille du visage, tu envisages, la seule possibilité, fusil à pompe, tes mains passent sur ton visage, tu pleures d’avoir trop aimé et mal étreint, tu es triste de n’avoir plus l’âme dévouée aux plus proches parents, il ne te reste plus que l’âme pour le sel, que la route pour éponger ta sueur rouge.
au goût du sang
à l’odeur de la sève
à la poussière
aux oripeaux à la gloire de ton nom
à ceux qui me dévorent, à ce que je dévore
se soustraire au bois, à l’odeur de ta sève, à la poussière d’un nom
à la gloire de ton sexe aux oripeaux de sang et
au renoncement – se soustraire à ce qui
m’ignore et me détruit à ce qui me tourne
le dos qui me montre la nuque qui ne me
connaît pas qui ne me
prend
pas
tel que je suis
un monstre un singe un ours une furie sans
visage sans un seul visage sans nom sans
un seul nom corps de femme et
yeux de cerf bois outrageant mâle et
femelle, perdu, perdue, errante, errant ;
indifféremment bouc ou chèvre et
ma langue dans toutes les langues et
ma bouche dans toutes les rivières
le goût de la sève l’odeur de ton eau
poussière de nos os se soustraire
à la mort qui n’est autre que toi
lorsque point en moi le désir de ne pas te ressembler
d’être sans ressemblance et sans pareil
sans partage, pas du même monde ni de la même
langue mais de la même terre
celle qui salit mes pieds celle qui
ronge mes mains celle dont ma bouche est pleine et que j’étouffe en
suçant longuement la dernière fleur
de trèfle et son arôme sucré loin
après la fraîcheur du printemps.
l’été est là et bien que
je sois
animal au sang froid
je ne peux me soustraire,
..
à sa chaleur.
*
le moment où tu écris
ne te sauvera pas du monde dans lequel tu vis
et n’en sauvera rien.
*
Lucie Taïeb
emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»
ET
s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.
ici nous publions
Laurent Albarracin
Edith Azam
Yves Bergeret
Jérôme Bertin
Jérôme Bonnetto
Antoine Brea
Charles-Mézence Briseul
Mathieu Brosseau
Arno Calleja
Lucille Calmel
Fabrice
Caravaca
David
Christoffel
Philippe
Cou
Cuhel
Catherine Delamaire
Louis-François Delisse
Carla
Demierre
Sophie
Dubois
Antoine
Dufeu
Armand
Dupuy
Sébastien Ecorce
Claude
Favre
Bruno
Fern
Franck Fontaine
Dembo Guindo
Alain Helissen
Alexandre Ikonnikov
Emmanuèle Jawad
Jacques Josse
Fabienne Kanor
Roger Lahu
Vannina Maestri
Christophe Manon
Victor Martinez
Pierre Ménard
Lorenzo Menoud
Mathieu Nuss
Dominique Quélen
François Rannou
Jean-Yves Reuzeau
Mathias Richard
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Matthieu Séry
Jacques Sivan
Aurélie Soulatges
Lucien Suel
Nicolas Tardy
Michel Valprémy
Pierre Vinclair
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