Chiens ardents

Publié le par maya


Cimes et massifs : ciels contre ciels. Les eaux propulsées dans les couloirs des bleus, des roses, des pourpres couchants. Les attractions d’étoiles et les lunes vertes – nuées, nudités de la terre, laines de la splendeur, vous vous levez en masses resplendissantes et affrontez la couture des terres. Arbitraire des pôles auquel vous êtes soumises, vos sanctuaires sont des gorges orageuses et des cheminées calcinées. Dans l’âpre du vrai, vous éclatez en pierres soudaines sur les pentes crayeuses – à mort. A toute humanité éveillée, vous éraillez l’insuffisance et proclamez fidèle la dalle des eaux, leur marbre scripturaire et l’aboiement fébrile des servilités muettes.
Tu t’abandonnes à tes chiens enragés et leur sers de proie. Le chien mord la poudre et lève le feu, rapide comme l’incendie, où brûle l’image de l’autre, la tienne, celle non pensée et celle à venir ; tu te réserves la chambre noire – focus, camera obscura – où s’écrivent les négatifs du monde incendié, runes.
Au large des plaines mortes, les Sables, en leur désert, les respirations millionnaires, où se réservent les significations : souffles pulsatiles et noirs, grésils, craies, tenus à distance par la distance.


Victor Martinez
 

Publié dans textes

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Serge 14/08/2009 17:49

Ces chiens ardents échappés de la Terre Seconde ont des aboiements persiens.Tout le recueil est du même beau tonneau.