Soustraire (extrait)

Publié le par plexus-s

 

 

 

 

au goût du sang

 

à l’odeur de la sève

 

à la poussière

 

aux oripeaux à la gloire de ton nom

à ceux qui me dévorent, à ce que je dévore

 

se soustraire au bois, à l’odeur de ta sève, à la poussière d’un nom

à la gloire de ton sexe aux oripeaux de sang et

au renoncement – se soustraire à ce qui

m’ignore et me détruit à ce qui me tourne

le dos qui me montre la nuque qui ne me

connaît pas qui ne me

prend

pas

tel que je suis

un monstre un singe un ours une furie sans

visage sans un seul visage sans nom sans

un seul nom corps de femme et

yeux de cerf bois outrageant mâle et

femelle, perdu, perdue, errante, errant ;

indifféremment bouc ou chèvre et

ma langue dans toutes les langues et

ma bouche dans toutes les rivières

le goût de la sève l’odeur de ton eau

poussière de nos os se soustraire

à la mort qui n’est autre que toi

lorsque point en moi le désir de ne pas te ressembler

d’être sans ressemblance et sans pareil

sans partage, pas du même monde ni de la même

langue mais de la même terre

celle qui salit mes pieds celle qui

ronge mes mains celle dont ma bouche est pleine et que j’étouffe en

suçant longuement la dernière fleur

de trèfle et son arôme sucré loin

après la fraîcheur du printemps.

 

l’été est là et bien que

 

je sois

 

animal au sang froid

 

je ne peux me soustraire,

 

..

 

à sa chaleur.

 

*

 

le moment où tu écris

ne te sauvera pas du monde dans lequel tu vis

et n’en sauvera rien.

 

*

 

 


 Lucie Taïeb

 

 

 

 

 

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Égide 16/11/2010 20:04



matique - réponse automatique - réponse automatique - réponse automatique - 


Écroulement de moi ôté


l'été


aventureuse redevenue prête


aux éventuel aléas 


de l'art annulé.


 


Ces instants que tu as pris


décidée au rien, abouchée à


la pensée tendue des menaces


Un monde déplacé


 


Laveuse nuée de mots


Ah ! aînée tu lut çà ès vanité


d'Auteure née


Ô nô !